vendredi 13 juillet 2012

Nord 262 C/N 60, une Histoire des nord 262 de la Royale

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J'ai déjà fait un article sur ce magnifique appareil qu'est le nord 262 mais depuis j'ai pu récupérer d'avantage d'informations, je vais donc compléter un peu cette histoire. (aucune des photos de cet article n'est de moi sauf celle du 60 à Corbas, crédit à leurs auteurs respectifs).

EALC Corbas
Le Nord 262 N°60 en vol en 1983, à la mise en service des Nord 262 version E






Voici le nord 262E C/N 60, Son histoire commence en 1969 période pendant laquelle il est construit puis mis en service. Il est alors au standard de série Nord 262 A (Alpha), c'est à dire équipé pour le transport de passagers (un peu plus d'une vingtaine), dans cette configuration, il sert à la formation des pilotes de transport de l'aéronautique navale ainsi que d'avion de liaison.


aéronautique navale
L'appareil en version Nord 262 A, on voit bien qu'il ne possède pas le radôme caractéristique de la version E, il est vu ici le 22/11/1970, très peu de temps après sa livraison en Angleterre sur la base RAF de Chivenor.

Escadrille 2S Lann Bihoué
1972, à la 2S, le nord 262 60 trouve une vocation d'avion d'essai puisqu'il est utilisé pour tester une cible que l'on peut voir sous l'aile de l'avion.



Décision est donc prise de modifier d'abord 12 puis 15 des 29 Nord 262 de la marine en une nouvelle version dotée d'un radar dénommée Nord 262 E pour école. Pour faire cette modernisation de nombreux équipement sont empruntés à un autre appareil qui vient d'être modernisé le Breguet 1050 Alizé (ALM), on retrouve donc le même calculateur de navigation oméga Equinoxe, le même détecteur de radar... Sa tranche arrière est donc totalement transformée (voir cet article).

Au début des années 1980, la marine doit se rééquiper d'un appareil permettant de former son personnel navigant (non pilote), c'est à dire les ELBOR (navigateurs, Radaristes), MECBO (mécanicens de bord)... En effet, l'appareil dévolu a cette tâche est le vénérable C-47 Dakota qui opère à l'EPV/56 S et ces appareils sont à bout de souffle(certains ont fait le débarquement de juin 1944, c'est le cas des dakota 25 (celui de Ste mère église) et du 87 (celui qui était en pot de fleur à Nîmes garons et qui est maintenant à Lann Bihoué) et les appareils modifiés au début des années 60 pour emporter le matériel de navigation commencent à être bien désuet comparé à l'électronique qui commence à faire son apparition dans la marine. C'est notamment le cas sur l'Alizé dont les premiers exemplaires modernisés sortent tout juste de chantier.

Le premier avion à être transformé est le numéro 60 (ça ne vous rappelle pas quelque chose? (= ) en 1982 à l'AIA de Cuers, il est alors affecté à la 56S de Nîmes. 14 autres Nord sont modifiés en version Echo, le dernier est le numéro 72 dont nous entendrons reparler un peu plus bas. En juillet 1984, les derniers Dakota cèdent leur place définitivement au 262 qui assurent désormais les missions de surveillance maritime et de formation des MECBO et ELBOR.
Modernisation Ecole Cuers
La transformation de nord 262 A à Nord 262 E nécessitait un lourd chantier de plus de 18000h de travail !

Après cette modernisation, il opérera aussi dans le ciel breton sur la base de Lann Bihoué dans les 2S puis 24F avant de revenir dans le sud à Nîmes Garons à la flottille 28F pour y finir sa vie opérationnelle.

En 2003, il passe sa dernière grande visite à la SOGERMA.




Nord 262 E
Le N262E a même droit à sa photo sur cols bleus !


Il était initialement prévu que les nord 262 soient retirés du service en 2010 après 41 ans de bons et loyaux service et c'est ce que la quinzaine d'appareils restant (après le retrait des nord 262 A et C en 1997) permettait d’espérer. Malgré leur technologie vieillissante, ils rendaient encore pas mal de service à la marine et aucun avion remplaçant n'était prévu. On a ainsi pu voir ce patch humoristique créé  (EFIS= Glass Cockpit) mettant en avant la rusticité du 262:
Nord 262 E


aéronautique navale




Mais le sort en a décidé autrement une journée de novembre 2008, et c'est le numéro 72 qui va sceller le sort de ce fabuleux appareil. Le 12 novembre, l'appareil vole dans les environs de Périgueux, pour un simple entrainement IFR comme l'appareil à du en faire des milliers pendant ses 15103 heures de vol. Mais ce matin là ne se passera pas comme les autres vers 11h, un bruit métallique vient troubler le ronronnement des deux turbines bastan, le pilote arrive difficilement à contrôler l'appareil et coupe les deux turbines. Après avoir identifié le moteur défaillant, l'équipage remet en route l'autre turbine et va se poser en urgence à Perigueux. Ce jour là, c'est un des roulement de l'arbre de transmission qui a cédé laissant ainsi une des aube de compresseur cisailler tout le carter. L'hélice laissée libre par cette rupture va faire pivoter le moteur de 5° vers le bas et 20° dans l'axe de rotation de l'hélice. Cet accident marque la fin de la carrière de cet increvable appareil qui a toujours ramené ses équipages à bon port dans la royale (le seul crash qu'il a eu, celui du nord 262 85, n'a pas fait de victimes et l'appareil n'était pas en cause). Les derniers sont brutalement interdits de vol suite à l'accident, il faudra attendre février 2009 pour qu'ils disposent d'une autorisation exceptionnelle pour rejoindre leur terrain de Nîmes Garons.



A ce moment là, le 60 est bloqué à Almeria en Espagne d'où il revient le 18/02/2009, c'est l'avant dernier vol officiel d'un Nord 262 dans la marine.
 Nîmes Garons Flottille 28F
Arrivée du nord 262 depuis Almeria le 18/02/2009, merci à Voodoo 34 de m'avoir permis d'utiliser cette photo, on peut remarquer que dans ses 10 dernières années d'utilisation, la cocarde à perdue son liseré jaune.



Le dernier vol a lui lieu une semaine plus tard le 25 février 2009 lorsque le numéro 72, celui par lequel tout est arrivé rentre de Périgueux, il a le droit à l'accueil des pompiers de la base et de toute la 28F réunie pour l'occasion. L'appareil arbore même pour l'occasion un dessin "the end" sur la dérive.


Nord 262 E C/N 72
25 février 2009, 16h30, la fin de 40 ans de service 

Nord 262 E 28 F
Rien à ajouter...

Mais si c'est fini officiellement pour les 262 de la marine, leur histoire ne s'arrête pas tout à fait là puisque l'état major de la marine accorde deux dernières autorisations de vol pour ces vieux serviteurs dont seulement deux exemplaires ont été conservés.



La première sera pour un vol Nîmes Garons - Le Bourget le 23 juin 2009 pour le 72 (encore lui) qui a l'honneur de rejoindre le musée de l'air et de l'espace aux côtés du nord 262 A 16.

La seconde sera pour un vol Nîmes Garons - Lyon Corbas le 24 juin 2009 pour notre 60 qui rejoint EALC, il est donc le dernier nord 262 de la marine a avoir volé. C'est donc au terme de 14365  heures de vol qu'il trouve une retraite bien méritée chez EALC où il n'attend que votre visite.

Nord 262 E
En attente d'un abris mais tout de même prêt à vous accueillir !


D'autres nord 262 E ont eu moins de chance, après la fermeture de la base de Nîmes qui a survécu à peine plus d'un an au retrait du service du 262, les 13 appareils restants (45,46,51,52,53,63,69,70,71,73,75,79,100) sont convoyés par la route au "cimetière" de Chateaudun, la Ba 279 de l'armée de l'air où comme de nombreux appareils (les mirage IV, jaguar, mirage F-1, fougas ...) ils vont finir leur vie en étant transformés en casseroles... à moins que des associations ne réussissent à les arracher à ce triste sort !

Pour ce qui est du remplaçant du 262, il se fait toujours attendre, la seule information fait pour l'instant part d'un hypothétique programme AVSIMAR que le contexte économique va mettre sérieusement à l'épreuve.


BA 279 Chateaudun
Les 13 Nord 262E (et un simulateur de 262) qui ont fait les beaux jours de la royale à Chateaudun en attente de leur sort. (il n'y en a que 12 sur la photo mais le nord 262 C/N 51 tigré les a rejoints plus tard).








Patch Flottille 28 F





























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