vendredi 14 décembre 2012

Lockheed T-33 C/N 21031 EALC Corbas

Bonjour, cette semaine, on parle de la deuxième nouveauté de la collection EALC, le "Lockheed" 
T-33 21031. Pourquoi ces guillemets? Car l'appareil est en fait un avion construit sous licence par l'entreprise canadienne Canadair. Mais avant de voir en détails l'histoire de notre avion (du moins ce que j'ai pu trouver), voici un historique de l'utilisation du T-33 dans l'armée de l'air.

Le T-33 21013 en pot de fleur sur la  BA 217 de Brétigny. (je ne suis pas l'auteur de la photo)



Le T-33 surnommé T-bird est issu du P-80 ou F-80 Shooting star, le 2ème chasseur à réaction américain à entrer en service (après le p-59 airacomet). Il reprend la forme et le moteur de l'appareil et les modifications faite sont l'allongement de l'appareil pour lui intégrer une deuxième place (cela s'accompagne également d'une réduction de la masse de carburant emportée), l'allongement de la verrière et l'ajout de bidons en bouts d'ailes. C'est un succès car l'appareil ainsi transformé vole mieux que le F-80 d'origine. Pour preuve, il est construit à 6657 exemplaires contre  seulement 1718 pour le F-80. 

Ayant fait son 1er vol le 22 mars 1948, ce n'est que le 4 octobre 1951 qu'il arrive en France, il est destiné à l'entrainement avancé des pilotes de chasse après les vols sur T-6 et autre MS 472 vanneau. En effet, à l'époque, pratiquement aucun avion de chasse ne possède une version biplace (ouragan, F-84...), il s'agit donc d'avoir un appareil assez gros permettant aux élèves pilotes de se familiariser avec les avions de chasse  à réaction.

Les premiers T-33  français (en provenance des Etats Unis) sont affectés sur la base de Meknès (Tanguy et Laverdure: l'école des aigle pour ceux qui connaissent (=), il y en aura  221 livrés entre 1951 et 1969 (les origines de ces appareils étant très diverses, Etats Unis, Canada, Norvège...). 

Les utilisateurs du T-33 dans l'armée de l'air ont été:

  • l'école de chasse de Meknès puis Tours
  • Le centre d'entrainement au vol sans visibilité CEVSV
  • le CITAC
  • de nombreuses escadres ont eu quelques exemplaires pour remettre à niveau les pilotes et pour la liaison.(2ème, 5ème, 7ème, 11ème, 12ème, 13ème, 30ème...)


Les T-33 pris en compte par l'armée de l'air ont eu plusieurs provenance

-Construit aux Etats Unis, dénommé dans ce cas T-33A1 (156 avions)
-Construit au Canada, dénommé dans ce cas CT-33 silver star ou encore T-33 mark III(59 avions)

Si en apparence, cela n'a pas beaucoup d'importance, dans les fait, cela a compliqué la tâche des instructeurs puisque les avions comportaient pas mal de différences. Difficile d'enseigner si ce que l'on apprend sur un avion peut se révéler différent sur un autre.
La principale et la plus importante différence fut le réacteur, mais on peut également les reconnaître grâce au nombre de mitrailleuses (deux pour les canadiens, quatre pour les américains) ou encore au numéro de série en 21XXX pour les canadiens. Concernant le réacteur:
  • Sur la version d'origine, le T-33 US, il s'agit d'un Alison J-33-A-33 de 2722 kg de poussée
  • Sur la version Canadienne, un Rolls Royce Nene 10 de 2262 kg de poussée (mais plus léger de ce fait l'avion était plus rapide de 40 noeuds), les appareils canadiens ont été livrés entre 1959 et 1962.

L'agencement des cabine différait aussi ce qui était gênant  Il fut donc décidé de porter 84 avions (les 59 MkIII canadiens et le reste en T-33A1) à un standard (presque) commun nommé T-33S (entre avril 1964 et 1968). Les avions subsistant étant tout de même nommé T-33S.C (canadien) ou T-33S.US (américain).

Un T-33 construit par la firme Canadair à l'atterrissage, cet appareil fait partie du GE 314 de Tours, il s'agit de la décoration de notre appareil (à l'immatriculation près).


Pour cela, deux avions ont servis de prototype, un américain et un canadien, (respectivement le 
51-17483 et le 21112). Les appareils ont été modifiés par la SFERMA à Bordeaux Merignac (qui est maintenant la SOGERMA)

Les principales modifications sont:
  • Montage d'un réacteur NENE 106 Hispano Suiza (il présente l'avantage de pouvoir être récupéré sur les Dassault MD 450 ouragans retirés du service à la même époque).
  • Standardisation des cockpits 
  • Système de largage des réservoirs de bout d'ailes.
  • Commande électrique du train d'atterrissage.
  • Suppression de l'armement (utilisation d'un collimateur français (Sadir Carpentier) pour tirs fictifs avec cinémitrailleuses.
  • Changement des instruments du cockpit par leur équivalent français.
  • Installation d'un meilleur équipement de navigation à la place de l'armement (Tacan, IFF, transpondeur, radiocompas).

Après cela, l'appareil a continué a servir pendant des années à l'instruction sur la base de tours jusqu'à l'arrivée du Dassault-Breguet Alphajet le 4 mai 1979, date à laquelle il a commencé a être retiré du service, les derniers T-33 tourangeaux se sont posés le 12 novembre 1981, les derniers de l'armée de l'air étant ceux de Nancy (CEVSV) retirés du service en 1982. Les T-33 français ont effectués 478 000 heures  de vol, et ont contribué à la formation de 3327 pilotes d'abord à Meknès puis à Tours (sans compter le nombre de carte verte et blanche (autorisations de vol sans visibilité) délivrées).

L'appareil ne prend pas pour autant sa retraite, 18 sont vendus à la Bolivie (après une petite cure de jeunesse), d'autres à la Thaïlande, la Turquie ou encore Singapour. D'autre ont finis à Vilgénis centre des apprentis mécaniciens d'Air France tandis que certains finirent plus classiquement dans des musées ou encore en pot de fleur.





Le T-33 d'EALC:

Son numéro de série est 21031, en fait pour la petite histoire, un des deux côté de la dérive possède le numéro 21013, mais il s'agit apparemment d'un faux numéro puisque le vrai 21013 ce serait écrasé. Le numéro en 21XXX en fait non pas un appareil US de chez Lockheed mais un bien Canadien de chez Canadair. Construit en 1953 dans l'usine de Cartierville (près de Montréal, c'est donc un Quebecquois en réalité), c'est le 31 ème appareil de série réalisé sous licence par la firme canadienne Canadair. Il a été initialement en service dans la Royal Canadian Air Force.

Je ne sais pas où il a été en service comme avion d'entrainement au Canada, mais les bases qui faisaient parties du cursus de formation canadien sur T-33 sont:
  • Gimli
  • Portage la prairie
  • MacDonald
  • Saskatoon, sask

J'ai trouvé une photo d'un T-33 aux couleurs canadienne (celui là même dont il usurpe le numéro de série) mais je n'arrive toujours pas a identifier ce code "GO" ( A Gimli, le code est apparemment ML, a Portage la prairie, il s'agit de PP, a Mac Donald MH, j'ai  de fortes présomptions pour la base de Goose Bay dont le code GO irait à ravir ! 


Le faux Lockheed T-33 21013 aux couleurs canadiennes dans les années 50
Et comme on est jamais à l'abri d'un coup de chance, voici une deuxième photo que je viens de trouver ( c'est assez incroyable de trouver deux photos aux couleurs canadienne de cet appareil (qui est resté moins de 10 ans en service au Canada et qu'en plus il y a eu plus de 500 T-33 aux couleurs Canadiennes) alors que  je ne parviens toujours pas à trouver de photo de lui aux couleurs françaises (où il est resté plus de 20 ans à un peu plus de 200 exemplaires !). Au passage, quelle idée géniale d'avoir basé les T-33 à Tours (devinez ce qu'on trouve sur internet quand on fait une recherche T-33 Tours ! (= ).

edit: ça y est j'ai enfin trouvé une photo !

Le Canadair T-33 GO 013, le GO m'est toujours inconnu, mais je cherche ! (en même temps, c'est intéressant d'aller se pencher sur l'histoire de la Royal Canadian Air Force des années 50), surtout que l'armée de l'air a envoyée à l'époque des pilotes en formation là bas.


L'appareil a été ensuite transféré à l'armée de l'air au titre du MDAP (Mutual Defence Assistance Program) entre 1959 et 1962. Si on se base sur le T-33 du CAEA qui a la même provenance, on voit que l'appareil avait dans les 2000h de vol a son arrivée en France, il est ensuite le 37ème T-33 mis au standard T-33S.C entre 1964 et 1968 puis il poursuit sa carrière.

L'insigne de l'école de chasse Christian Martell avec un beau T-33 dessus !

Il a été affecté sur la Ba 705 de tours (point de passage quasi obligatoire des T-33 français), il y a porté les immatriculations 314-VC et 314-VE et  et si la décoration qu'il porte était la sienne du temps du service actif (ce dont je doute !), il a porté l'immatriculation F-TEYZ avec son code 314-YZ.

La seule photo que j'ai trouvé de l'appareil dans l'armée de l'air: le T-33 21031 immatriculé 314-VC, ce code indique son appartenance au GE 314 de la base de Tours.



Poste avant du T-33

et poste arrière

Il a été retiré du service à la fin des années 70/début des années 80, puis vers 1986, il a été exposé en stèle sur la base 217 de Bretigny où il se trouvait encore quand nous somme venus le chercher en novembre dernier. Il s'apprête maintenant à passer la suite de sa retraite chez EALC.


Le T-bird a besoin d'un nettoyage et surement plus.


Le T-33 a un autre lien avec le terrain de Corbas puisque le 23 janvier 1965 le  T-33 21111 (un autre Canadien) de l'école de chasse de Tours volant à basse altitude s'écrase sur le hangar du CVVL (à l'époque à l'emplacement du club parachutiste). Les deux occupants de l'appareils le Ltt Robert Rocher (instructeur) et le Sgc Claude Gery (élève) sont tués et tout les planeurs du club sont détruits, c'est donc presque un hommage d'avoir un T-33 exposé sur le terrain.



A bientôt pour la restauration de l'appareil (pour ceux qui voudraient un aperçu des possibilités de décoration, le forum Aerakit parait assez exhaustif et précis!
En attendant, les premières photos de l'appareil a Corbas sont ici.



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2 commentaires:

  1. J'étais photographe à Tours et j'ai eu la chance de voler sur cet avion . C'est très émouvant pour moi à 70 ans de retrouver mes 20 ans . merci

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  2. Je viens de trouver dans un vide grenier un dessin peint ancien de cet avion avec le 21013.
    Je pense qu'il date de son arrivee en France.
    Merci pour cet historique.
    Brice

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